Le Catéchisme de la Miriam (2)

juin 26th, 2011 § Laisser un commentaire

Question – Explique-moi ce que vous voulez dire par thérapeutique magique.

Réponse – Cela est nécessaire, autrement le danger d’être mal compris est évident. Le mot grec therapeuo a deux signifiés proches, je sers et je soigne. D’où les sens différents avec lesquels ce mot est employé. On appelle thérapeutes les Esséniens hébreux qui menaient une vie austère de contemplation et par la suite les Chrétiens qui vivaient dans les solitudes de l’Égypte et qui, renonçant aux biens terrestres, n’attendaient que la vie céleste, qu’ils se gagnaient avec des prières et des jeûnes. Plus tard, la thérapeutique devint la partie de la médicine qui s’occupe des moyens de guérir les infirmités ou d’adoucir les douleurs. Nous employons le mot dans un sens ou dans l’autre car le Frère thérapeute de Miriam est un homme qui se prépare volontairement à la conquête de ses vertus surhumaines ou divines par une vie très droite et pure ; et qui, en même temps, met la conquête de ses forces au service des douleurs qui affligent son proche, spirituellement moins progressé. De ce point de vue, le Frère thérapeute se sert de la science des causes des choses, que nous avons dit s’appeler magie, d’où le nom de la fraternité Thérapeutique-magique.

[…]

Question – Et comment soignez-vous ? En vous servant de médicaments ou de seules forces de votre esprit pensant ?

Réponse – J’ai déjà dit que notre thérapeutique embrasse toutes les écoles thérapeutiques connues et ignorées, donc le thérapeute a à sa disposition tout ce que la nature ou l’art lui fournissent, mais surtout un médicament tout-puissant, l’Hermès, dont est tiré le nom de Médicine Hermétique.

Question – Un nouveau remède spécifique ? Une recette secrète ?

Réponse – Une recette très secrète, que tu ne trouveras jamais écrite dans aucun livre, car tout homme qui lit dans la nature des choses, en se perfectionnant, en se dépouillant de ce que la préoccupation de l’organisme représente pour lui, pressentit et pénètre une lumière mystérieuse, très belle, qui lui redonne l’intégrité de l’esprit et de l’intelligence du subtil et de l’insaisissable, en le faisant revivre dans le royaume qu’il a perdu et redevenir ange dominant la nécessité constrictive des choses. Aucune plume, aucun maître ne peuvent te donner ce que tu dois acquérir de toi-même, en ascendant l’échelle mystique d’or qui unit l’homme aux cieux de l’intelligence et des causes.

L’hérésie manichéenne, tant persécutée par l’Église catholique, avait son fondement dans le conflit de deux forces contraires qui se répartissaient le monde, le Bien et le Mal, d’où l’hypothèse de deux Dieux suprêmes en conflit perpétuel, créateurs, l’un du Bien, l’autre du Mal. Mais face à la science de l’âme humaine, qui se relie à la vérité absolue de la Magie, le Bien et le Mal sont les deux pôles de l’identique création, entendue positivement. L’homme était intelligence libre ; son involution dans la matière, le fait de se créer un corps dont il reste prisonnier, lui impriment la marque de la décadence. Il était Ange ailé – dit la légende orientale – il se rogna les ailes ; il était voyant et il s’aveugla. Le mal est dans la constriction de l’enveloppe, est la nécessité des vies animale et végétative à la fois de son corps physique. Par conséquent, toutes les peintures religieuses symboliques qualifient d’aveugle, insatiable, vorace ce Satan qui symbolise la nécessité de la vie des sens et qui est le souverain des ténèbres, car là où la nécessité, qui est le mal, domine, il n’y a pas de lumière. Au fur et à mesure que l’homme rachète soi-même, c’est-à-dire qu’il affranchit son esprit mental prisonnier de l’esclavage du corps, l’Ange ancien, l’Hermes, le Mercure ailé messager des Dieux, le Saint Esprit à la forme de Colombe, réapparaît, et il monte et redescend des cieux occultes dans la réalité de la vie manifeste, et parle la parole de la vérité. Ceci est l’Hermes, la lumière qui représente les images des vérités occultes, ceci est le Trismegiste qui eut une sagesse infinie, ceci est le Nebo qui enseigna l’écriture et la parole aux hommes.

Or, la Médicine Hermétique est la pratique de cette thérapie de lumière qui change le système empirique de l’observation positive des phénomènes dans l’étude des causes qui génèrent les phénomènes eux-mêmes.

Dans l’absolu toutes les choses ont la vertu de leur nature spécifique. Toutes les herbes ont vertus et propriétés de végétaux, tous les minéraux, vertus et propriétés de minéraux ; et chaque herbe, chaque minéral, la vertu spécifique individuelle. Le médicament que l’on administre au souffrant est donné par le médecin avec l’intention d’un antipoison chimique contre l’action des ferments venimeux que le microscope ou la chimique iatrique découvrent dans l’organisme souffrant. Mais au-delà de toutes les propriétés et vertus relatives aux espèces différentes des corps que la Nature nous fournit, il y a une parole qui devient substance, c’est la parole de l’Esprit ou Intelligence humaine libre, qui change toutes les vertus des choses dans la seule vertu de produire le phénomène voulu – c’est la loi de la parole du Christ que tous les jours le prêtre célébrant prononce aux fidèles : Verbum caro factum est ; c’est-à-dire la parole c’est transmutée en fait. Alors ce n’est plus la seule vertu chimique du médicament qui existe dans le soin du souffrant, mais la Vertu transmutante que l’esprit divin résidant dans l’homme, dans sa perfection, colle à toutes les choses.

Les saints n’ont pas guéri leurs souffrants avec des recettes dûment approuvées par le Conseil Sanitaire du Royaume, ni dans les miracles typiques de la légende évangélique le Christ ne fait un examen clinique du souffrant, ni il n’analyse son expectoration au microscope ; mais il prie et il guérit. Il prie afin que l’Hermès divin arrive, et qu’il donne la vertu transmutante à sa parole, et lui, l’homme parfait, dit : guéris, et la chair guérit. Il a parlé à l’âme de la chair infirme, il lui a donné la force vertueuse de guérir.

Les thaumaturges, les prophètes, les rose-croix ne transportaient pas avec soi un million de pots de pharmacies ; l’huile, l’eau, le vinaigre, le sel, le miel, choses de cuisinier plutôt que de pharmacien, dans leurs mains acquéraient des vertus de purgatifs, de dissolvants, de purifiants, de sudorifères et de contrepoisons.

Celui qui arrive à la conquête, par ascension individuelle, de l’Hermès, est un Médecin Hermétique. La Fraternité thérapeutique-magique de Miriam ne promet à ses inscrits qui veulent pratiquer le Bien, que la réalisation la plus splendide de la Magie, la plus humaine, le plus simple œuvre du Grand Œuvre magique : conquérir le pouvoir d’attirer à soi l’Hermès divin et, au nom de la Science de la Lumière, de mitiger la douleur des souffrants.

Question – Travail héroïque ! Et vous semble-t-il que vous puissiez réussir au vingtième siècle ?

Réponse – Le vingtième siècle, comme le centième, est une manière conventionnelle de compter des périodes des erreurs humaines. Mais l’homme est le même, toujours la même plante qui peut donner comme fruit le bien ou le mal, selon la culture qui lui est propre. Notre symbole est la croix essénienne :

qui comprend quatre mots capables de toutes les nouvelles les plus inouïes :

Pureté

Sacrifice

Amour

Science

Sans la Pureté le Sacrifice pour son semblable n’est pas possible ; sans celui-ci  c’est l’Amour qui est impossible. L’Amour est parité et sacrifice à la fois, qui pénètre la porte occulte des Cieux invisibles et conquiert la Science de ceux-ci. J’ai dit en préambule que nous ne sommes pas des mystiques, donc tout est positivement étudié chez nous ; or, la foi n’existe pour nous qu’après la conquête scientifique du monde des causes.

Au vingtième siècle nous disons à l’homme : ne crois pas par foi, mais attend-toi à tout par la science de l’esprit humain.

 

Le Catéchisme de la Miriam (1)

juin 21st, 2011 § Laisser un commentaire

En 1904 Giuliano Kremmerz diffuse un texte inachevé intitulé Le Catéchisme de la Miriam.

Question – Qu’est-ce qu’est donc cette Fraternité Thérapeutique-Magique de Miriam ?

[…]

Réponse – La Fraternité de Miriam est une association de volontés humaines vouées au bien de l’humanité, une association scientifiquement constituée, pour que l’homme qui en ferait partie accomplisse sa mission de venir à l’aide de son semblable avec toutes ses énergies psychiques, mises en mouvement par sa propre volonté purifiée de tout égoïsme et animée par toute la conscience de produire le bien d’autrui sans ambition de mérite auquel on devrait décerner un prix et sans espoir d’aucune récompense.

Question – Donc votre Fraternité est fondée sur l’utopie philosophique de trouver des frères parfaits, chose que la science sociale et politique a montrée comme impossible, car l’homme qui ne serait pas égoïste et qui produirait le bien d’autrui sans même l’espoir d’un honneur publique est un paradoxe.

Réponse – Notre Fraternité ne cherche pas pour frères des parfaits, sinon elle serait une vraie association de saints et d’héros, mais elle cherche et inscrit en soi tous les hommes de bonne volonté qui, bien qu’ils ne soient pas parfaits, pourraient être considérés comme perfectibles.

[…]

Celui qui s’inscrit à la Fraternité doit déjà avoir compris que le Monde Univers n’est pas étranger à l’homme et que l’homme est un tout complet avec la société humaine dont il est une cellule infinitésimale. Donc il considère les hommes non pas comme des êtres singuliers qui lui sont étrangers par une individualité qui les sépare éternellement, mais comme sang de son sang, chair de sa chair, pensée de sa pensée.

À première vue, cette théorie de l’Unité paraîtra une utopie comme celle de l’homme perfectible, mais elle ne l’est pas, car au fond de l’homme plus vulgaire existent des preuves quotidiennes et ininterrompues que celui-ci n’est pas étranger à ceux qui l’entourent, comme il n’est pas non plus étranger aux choses inanimées qui touchent ses sens.

[…]

Pour ces raisons, tous ceux qui se sentent unis aux joies et aux douleurs de leurs semblables, sont des êtres perfectibles jusqu’à la sainteté absolue, et deviennent des soldats anonymes d’une grande société de perfectibles qui travaillent pour le bien des moins progressés.

Question – Qu’est ce que ce nom de Miriam ? Hébraïsez-vous le nom de Marie des Chrétiens catholiques, ou exhumez-vous la sœur d’Aaron et de Moïse des ombres des siècles ? Ou s’agit-t-il d’un nom idéal que vous placez comme enseigne d’une idéalité irréalisable ?

RéponseMiriam est l’état de pureté virginale qui fait naître le Christos miraculeux dans l’homme, c’est-à-dire le Verbe divin qui s’est fait chair, ou elle est l’état opérant par amour fraternel (comme dans le symbolisme hébraïque) qui donne puissance à la verge du puissant Moïse, celui qui a été sauvé des eaux, c’est-à-dire le principe divin mental qui gouverne en nous et qui donne la loi à tout le monde de l’âme humaine dans toute manifestation singulière, intérieure ou extérieure. Quelle que soit la façon dont on l’entend, Miriam est la rose mystique des Rose+Croix, la manifestation éternelle de l’amour qui nous attire au centre unitaire de Dieu, Centre universel et Loi immuable ; elle est l’anthère de la rose dont toute l’humanité est une étendue infinie de pétales odoriférants, disposés symétriquement comme des couronnes s’invaginant l’une dans l’autre autour du trophée de l’harmonie qui relie et qui dispose toutes les choses universelles ; elle est une Déesse, c’est-à-dire la parie féminine du type idéal classique du Dieu Androgyne (*), créateur et facteur de toutes les formes et de toutes les espèces, dans un acte d’amour génératif, fécond, immense, continu, irrésistible, tout-puissant.

[…]

Pour que le vulgaire entende ce nom, […] qu’il imagine Miriam soit comme le type de la plus bénéfique divinité, Diane très belle, charmante Isis miraculeuse, soit comme le symbole d’un état spécial de purification de l’esprit humain qui est la source de tous les plus merveilleux prodiges.

(*) Le Dieu Androgyne ou simplement l’Androgyne est le dieu mâle et femelle dans une seule personne ; ce symbole des cabalistes veut indiquer le centre créateur de l’univers qui est en même temps mère et père des choses créées – ainsi Créateur par soi-même, sans l’aide d’aucune collaboration différente de son soi.

Réponses à un aspirant hermétiste VIII-X

mai 26th, 2011 § Laisser un commentaire

8. Ceux-ci sont des mots élastiques : la mort, la vie, le bien, le mal que sont-ils pour les hermétistes qui s’adonnent à l’étude de la médecine ?

[…]

La vie est pour nous non un phénomène chimique ou d’une électricité spéciale de la matière dans des conditions spéciales, mais l’état d’être (*) de notre nature angélique éternelle involuée, c’est-à-dire mariée avec la lourde matière.

La mort pour nous est le sommeil qui nous prépare une nouvelle phase de l’existence éternelle ininterrompue ; elle est la nuit qui précède ce que les spiritistes appellent une incarnation nouvelle ; elle est une nécessité inéluctable ; elle est un besoin de nous refaire du début, comme le sommeil est un besoin, comme la nuit est une nécessité.

Le bien n’est pas ce qui plaît, mais ce qui nous fait avancer spirituellement, qui nous fait évoluer, c’est-à-dire qui nous enlève de l’esclavage atroce de la matière. La douleur, la lutte âpre, les larmes, les affres peuvent être un bien. Ceci est le grand signifié du sacrifice de la rédemption et du symbolisme de la Via crucis chrétienne.

Le mal en revanche est la séduction, est l’orgueil, est l’esprit de division qui sépare les frères et, physiquement, est le déséquilibre qui règne entre les deux principes qui forment l’homme (esprit et matière) et qui génère leur séparation prématurée.

Le médecin hermétiste ne se fait pas émouvoir par la relativité des phénomènes, mais il les regarde et les considère dans leur évolution et leur finalité. Il soigne le mal et le guérit, mais si la douleur est un bien, il ne fait qu’en abréger plus intensément la durée.

(*) Il manque un mot adapté dans le langage humain.

9. De cette façon, n’existe-t-il pas une thérapeutique occulte ou hermétique avec des caractères bien distincts comme dans les écoles médicales profanes ?

Si par thérapeutique l’on entend une science de la préparation et de l’administration des remèdes, telle que celle que l’on étudie dans les universités et dans les cliniques, il faut se détromper. Ce qui distingue le médecin ordinaire de l’hermétiste est précisément ceci : […] le second ne croit qu’à une seule vertu équilibrante, génératrice de tout bien et de tout mal, le Verbe.

[…]

Le fait de savoir prononcer ce Verbum dans l’éther sublime signifie être capable de générer et de déterminer de telles oscillations que l’on produit toutes sortes de miracles – et par conséquent tout phénomène magique ou savant.

La thérapeutique hermétique se réduit donc à cette sagesse souveraine de la volonté et de la potentialité humaine consistant à créer dans la matrice universelle (le Deus des profanes et des plèbes) le mouvement capable d’avoir une réaction sur le monde matériel et visible.

Le moyen pour produire ce phénomène grandiose et constant est un seul : se perfectionner, c’est-à-dire évoluer, se diviniser, pour accomplir un acte ou un pouvoir divin.

L’homme perfectionné est un Hermes conscient. Son esprit, ou étincelle intelligente de vie, ambassadeur des créatures éthérées du monde divin, monte et descend à souhait du champ ou zone de l’éther. Et cet aeter (latin), appelé aussi etera, etra, n’est pas, comme on l’a entendu, la partie la plus sublime et subtile de l’air, mais la partie la plus supérieure et subtile du ciel séjour des numina et des dieux.

[…]

L’homme qui donne tout son ego, toute sa charité à son semblable souffrant, se sacrifie à celui-ci dans ses œuvres et dans sa volonté. Mais l’esprit humain qui, montant dans l’éther, y génère le bien sans aucune passion et sans arrière-pensées est un Emmanuel, c’est-à-dire un sauveur ou un Christ.

La matière et l’intelligence agissent sur la matière : la matière et l’intelligence humaine agissent également sur le déséquilibre qui détermine le mal ou une infirmité.

Les agents thérapeutiques que sont-ils ?

[…]

Les vertus des minéraux, des plantes, des chaires, que sont-elles sinon une façon différente d’être de l’essence unique de toutes les choses ?

[…]

Cette sève ou principe humide ou élément aqueux, selon les définitions vieillies et nébuleuses des savants anciens, est le même principe qui donne la vie aux animaux par la respiration ; il est le même principe qui liquéfie le plomb et l’argent sous la forme de feu ; il est le même qui se cache dans les zoospermes pour la reproduction des corps organisés ; il est le même enfin qui meut les planètes, qui donne la lumière aux étoiles, qui nous fait apparaître le soleil incandescent, qui nous fait aimer, qui nous fait sentir, qui nous fait haïr.

L’âme de l’univers (anima mundi) est une, sa manifestation est infinie.

10. Une fois tout réduit à l’ascension individuelle, quels sont les voies pour y parvenir rapidement et entrer dans le monde des causes ?

Deux sont les moyens et nombreuses les voies.

La vie ascétique ou religieuse passive et la plus simple et la plus longue ; la vie initiatique ou magique active est la plus courte, c’est-à-dire la plus rapide.

Toutefois tout est évolution en nature et tout procède par paliers : la rapidité n’est pas suppression de stades intermédiaires, mais condensation de périodes. Donc des douleurs plus vives, des arrachements plus cruels, des blessures plus sanglantes et des couronnes d’épines terriblement plus aiguës.

Le symbolisme catholique nous présente le cœur du Christ sanglant.

Il faut que tu y voies l’initié à la conquête de sa divinité : ecce homo, ceci est l’homme qui disparaît en lambeaux sous la reconstitution de sa sublime ascension divine !

[La Medicina Ermetica 4/2, 1900, 19-21]

Réponses à un aspirant hermétiste V-VII

mai 8th, 2011 § Laisser un commentaire

5. Qu’est-ce qu’il faut entendre par Médecine Hermétique ?

[…]

Mais une vraie, incontestable science du dieu Esculape o Osiris doit exister ; il n’est pas possible, philosophiquement parlant et avec le bon sens naturel, que, étant donné une loi inexorable qui détermine les altérations morbides du corps humain, il n’y ait pas une loi aussi constante et pas moins inexorable qui pourrait redonner la guérison parfaite des malades dans des conditions contraires à la précédente.

Cette science qui étudie ou qui recherche la thérapeutique absolue pour la guérison de tous les désordres physiques est la Médecine Hermétique ou l’Hermétisme appliqué à la médecine.

6. Qu’est-ce qu’il faut faire pour parvenir au but d’apprendre les secrets hermétiques pour la guérison du corps humain ?

[…]

Tous les hommes ordinaires et cultivés, qui ont fréquenté les écoles et les universités, peuvent exercer l’art de la médecine selon les lois des pays où ils vivent, mais pour devenir Médecin Hermétique il faut être couronné par une université de loin supérieure à celles ordinaires et être un Hermétiste, c’est-à-dire un savant équilibré avant de s’apprêter à guérir un souffrant.

La différence qui existe entre un médecin et l’autre est une différence de développement de l’âme dans l’un et dans l’autre.

[…]

Le médecin hermétique, le thérapeute initié, ne procède pas de la même manière. Il considère le malade d’un point de vue plus élevé, il regarde le bien de son évolution progressive de l’âme, et étudie si le mal dépend ou non d’une nécessité qui serait un cofacteur de sa force évolutive ; il en annonce et prévoit la mort comme un fait naturel et devient l’aide psychurgique de l’esprit du moribond, ou bien il attaque le mal corps à corps avec tous les moyens que ses forces lui permettent et, avec l’équilibre et la lutte contre le mal qui est le désordre, il apporte la santé.

7. À partir de ce que vous avez répondu à la question précédente, selon quelle utopie vous êtes-vous permis d’affirmer la possibilité d’un médecin idéal capable de faire autant ?

[…]

Que le chercheur voie attentivement représenté, par le symbole du sphinx hiératique, l’homme invisible, involué dans l’homme terrestre ou animal. Cet homme invisible, Mens ou esprit, représente toutes les possibilités de parvenir, c’est-à-dire l’angélisation ou la divinisation de l’homme vivant, et donc tout pouvoir divin.

[…]

Ceux qui sont plus avancés, et qui voient, qui écoutent, qui sentent et qui dialoguent avec cet être intérieur, arrivent à percevoir tous les battements de celui-ci, tous ses sentiments, toutes ses plus légères oscillations, jusqu’à comprendre son langage, plus vivement électrique, plus caractéristiquement sensible.

Ces individus plus avancés ont le devoir d’enseigner aux autres l’existence de cet ami intérieur que tout un chacun porte avec soi, de conseiller les plus élémentaires moyens pour mieux entrer en rapport avec celui-ci, et, parmi les autres nécessités, d’expliquer aux affligés, aux malheureux, aux sourds, aux présomptueux, que l’homme avancé n’a pas besoin de sciences vaines et de théories malsaines, et que le livre de la sagesse éternelle lui est ouvert dès qu’il est en mesure d’entendre le langage du sphinx énigmatique dont il est lui même le tabernacle sacré.

[…]

Le médecin idéal, dont j’ai esquissé le portrait dans ma réponse précédente, est l’homme avancé qui met son intelligence avancée au service de ses semblables encore serrés dans les épines de la fatalité, c’est-à-dire de la matière qui serre ceux-ci comme dans un étau.

[…]

Le médecin idéal ou hermétique est celui qui a volé aux dieux le secret de la vie, qui puise à la source de la vie universelle sa force de thérapeute, qui demande le bien absolu d’un être semblable à lui et non évolué à la science sublime de l’éternité.

[La Medicina Ermetica 4/1-2, 1900, 3-5 et 17-19]

Réponses à un aspirant hermétiste I-III

avril 10th, 2011 § Laisser un commentaire

I. Qu’est-ce que l’Hermétisme ?

 

Comme tous le peuvent vérifier dans les livres et les encyclopédies, Hermès est le nom grec qui correspond au latin Mercure et qui dérive d’un mot hébraïque, ‘huerma, qui signifie astuce, sagacité, subtilité.

[…] Cet Hermès ou Mercure est un dieu pour les vulgaires, c’est-à-dire pour les troupeaux, alors que philosophiquement il ne veut indiquer qu’une force, ou, mieux, l’intelligence d’une force très élevée, subtile, rendant dieu l’homme qui l’atteint et le comprend.

Le poète dans ses moments d’inspiration, le mathématicien qui résout des problèmes très ardus, le physicien qui découvre une nouvelle loi, l’orateur éloquent qui met mots, idées et modulation en harmonie avec un charme qui emporte une assemblée, le musicien qui touche des notes émouvantes jusqu’au délire, sont ou peuvent être des protégés de cet Hermès très subtil dont ils peuvent obtenir une intelligence complète dans un stade particulier de leurs pulsations hypercérébrales.

Ainsi cette explication de l’hermétisme enseigne que les différentes facettes de celui-ci sont concevables comme des dieux particuliers de l’art, de l’industrie e de la science humaine. Plus particulièrement, toutefois, l’hermétisme réside dans la synthèse philosophique la plus élevée de la science divine (le nec plus ultra de la sagesse), non dans les applications vulgaires qui émanent de celle-ci.

 

II. De quoi s’occupent-ils les hermétistes ?

 

J’ai déjà dit que la compréhension vaste de ce mot d’Hermétisme laisse les chercheurs de cette philosophie très subtile maîtres d’étudier partout, et d’appliquer de toutes façons, cette force – le vrai arbre du bien et du mal, dont le serpent de la terre indique le fruit défendu au fils des cieux.

Cela veut dire que la science par excellence ou Hermétisme est applicable au bien et au mal, c’est-à-dire à faire le bien ou à produire le mal, car la clé du bien et du mal est une ; c’est pour cela que la Providence n’a pas planté cet arbre aux fruits défendus – bien qu’il soit à la portée de toutes les mains et qu’il soit visible à tous les yeux – et en a réservé l’intuition, la connaissance et la science claire seulement à ceux qui font solennellement vœu d’être forts et justes face à toute faiblesse humaine, d’aimer son prochain comme soi-même, de désirer toujours le bien et jamais le mal.

Ces promesses, faites plus ou moins solennellement dans les moments de désir, peuvent ordinairement tromper les hommes vulgaires quant à leur véridicité, mais elles ne trompent pas l’œil divin qui regarde au-delà des monts, car l’homme qui n’a pas réussi à maîtriser tous ses instincts animaux ne voudrait que plier la conquête de ces secrets philosophiques, inexplorés pour la plupart, à des fins personnelles et égoïstes. Pour cette raison, l’œil qui ne s’est pas purifié du brouillard humain ne voit pas le fruit ou la semence de cet arbre hermétique, et la main qui ne s’est pas lavée de l’impureté terrestre ne le touche pas.

L’hermétisme se prête à toutes les applications : dans le monde de la matière, à la transformation des métaux, c’est-à-dire de tous les corps bruts ou à l’âme rudimentaire, dans l’or ou métal très noble – et par conséquent à faire de l’argent, la fièvre du présent et des siècles passés.

Dans le monde des âmes, à trouver l’aimant qui attire les esprits de toutes les hiérarchies de la nature visible et invisible et les subjugue ou les rends propices.

Dans le monde de l’intelligence pure, il transforme la flamme-vie dans l’étincelle-essence ou iod du tétragramme cabaliste.

Voici donc expliqué en peu de mots ce dont les hermétistes s’occupent.

L’hermétisme est comme une fontaine à laquelle tous peuvent accourir pour y chercher la science : ceux qui n’ont pas l’esprit forgé à la lutte contre les principes égoïstes peuvent involontairement y trouver la folie, le désappointement e la mort.

 

III. Donc s’occuper d’hermétisme est-il dangereux ?

 

Parfaitement.

Il est dangereux de s’en occuper si l’on n’a pas la volonté d’étudier, sans fins vulgaires, abjectes, basses, bestiales, les vérités cachées dans les manifestations de la nature visible.

Il est inutile de s’en occuper si l’on souhaite atteler le vérités divines à son char pour se faire admirer comme un Dieu en terre sans avoir aucun mérite.

La voie pour ne courir aucun danger et pour conquérir la vérité cachée avec certitude peut se résumer en peu de préceptes :

  1. Croire dans le Dieu Unique, harmonie de l’Univers visible et invisible, Dieu qui est loi immuable, qui est vérité et lumière, qui est justice et bien, qui est perfection et miséricorde.
  2. S’efforcer d’élever son être au symbole de justice Divine – désirer sa perfection au-dessus de toutes les douleurs, de toutes les peines, de toutes les jouissances et voluptés.
  3. Effacer de son esprit toute trace de haine pour son ennemi et pour son oppresseur – aimer son prochain et, parmi ses prochains, même son ennemi, avec cette ardeur intense avec laquelle la mère aime son fils, au-delà de toutes les fautes et les imperfections de celui-ci.
  4. Être humble face à l’idéal immense de bien qui doit serrer dans une étreinte unique toute la famille humaine, et ne pas s’enorgueillir de sa perfection et de sa grâce.
  5. Travailler pour le bien, mépriser le mal sous toutes ses formes, maîtriser ses instincts bestiaux et les chaînes qui nous lient aux vices devant lesquels la société vulgaire s’incline, aimer les hommes et les imparfaits et les entourer de sa propre lumière afin qu’ils triomphent en nous imitant.
  6. Se taire pour entendre et après avoir entendu se taire.
  7. Ne jamais trahir son frère, le tromper, l’amener sur la voie de l’erreur par envie.
  8. Ne jamais avoir peur quand on a la conscience de faire une chose bonne et juste.
  9. Ne pas désirer ce que l’on ne peut pas avoir par justice.
  10. Ne pas convoiter les voluptés auxquelles il faut être supérieur.

 

[La Medicina Ermetica 4/1, 1900, 1-3]

Le rite de ♈

mars 6th, 2011 § Laisser un commentaire

Retour à la pratique.

Je souhaite que celui qui veut reprendre les pratiques commencées en novembre se réserve de reprendre le 21 ou 22 mars.

En Magie tout est analogique : par analogie les roses ont la vertu de Vénus et la chemise du centaure a celle de brûler les chairs d’Hercule ; astronomiquement, la nouvelle année commence, le ☉ se trouve en ♈, la toison d’or des travaux de Jason est, hormis les cornes, l’agneau de Dieu et l’agneau de Jésus.

Dans son aspect théosophique naturel, le Soleil est analogique, dans sa course, à la vie du Christ et à l’évolution des âmes.

De l’équinoxe d’automne à l’équinoxe de printemps, c’est-à-dire de la constellation de Sagittaire ♐ au Bélier ♈, le royaume de la matière est sorti des ténèbres, la chaleur du froid, la terre qui était isolée par l’absence de son bien (le Soleil, le Christ, la conscience, la science), l’Alma Mater devient la Mater Dolorosa.

En Capricorne, le mouvement ascendant du soleil dans son écliptique fait célébrer la fête du Noël de la Lumière : le Christ, le Soleil, la Lumière reviennent : Jésus enfant est le Soleil enfant : passant par sa lutte humaine il resurgit en ciel (c’est-à-dire en haut) dans le Bélier ♈, c’est-à-dire en mars après le 20, époque où par le conseil de Nicée de 325 fut établie la récurrence de Pâques chrétienne, qui doit suivre la pleine lune de mars… calcul astronomiquement non exact. Dans la solennité de Pâques ou Résurrection du Christ, le symbole du Bélier ressortit dans l’agneau, symbole su Sauveur, car le soleil resurgit et sauve la terre avec sa lumière triomphante : Ariman est vaincu.

L’action du Buc ou Bélier astronomique est ancienne de l’antiquité la plus reculée. Les chaldéens, les égyptiens, les hébreux le gardèrent dans tout son symbolisme sacrificateur : eux-mêmes l’eurent certainement en héritage des prêtres des races aryennes primitives. Le ciel chrétien le prend dans son symbolisme esséno-égyptien comme le paisible, adaptable comme une pâte, représentant de la zone astrale, et sur son dos il enfonça une croix. La prophétie du Bélier de Daniel explique le signifié des cornes à celui qui peut l’entendre, et la liturgie catholique, dont ici il n’est pas opportun de parler, a pris les significations astronomiques de beaucoup de fêtes dont l’origine est plus ancienne.

La mi-août, par exemple, est la fête d’Éliopolis, le Soleil en Lion, et la Chandeleur est la transformation des fêtes lupercales en l’honneur de Pan, faite par le pape Gelasius.

Or, du Sagittaire, c’est-à-dire de l’absence de soleil sur terre, le disciple commence son cycle de préparation : s’assomme dans l’hiver profond en attendant la lumière et recommence au printemps.

Ses invocations pour l’avènement de la Lumière se changent en prière à la Lumière Triomphante.

Rite

Je donne le rituel complet pour celui qui peut l’accomplir complet – que celui qui ne peut pas s’y approche le mieux qu’il peut – que celui qui, enfin, a clairement une intuition du fait que les formes rituelles cachent une application pratique dans les limites des idées honnêtes, justes et saintes, la tente…

Trois jours de préparation et de purification : ne pas toucher d’aliment quelconque de provenance animale – donc exclus la viande, les œufs, le beurre, les poissons, le fromage. Des lavages ou bains ou ablutions le soir et le matin – purifications avec des fumigations de santal et de benjoin ; en l’absence, encens et feuilles de myrte.

Dans les prières, la veste du disciple est blanche en lin. Le cordon ou bande à la ceinture est blanc.

La baguette est en bois de rose. Celui qui peut, qu’il empoigne l’épée à la garde croisée.

Alors que j’ai prescrit dans le rituel de novembre la séparation absolue du disciple de la table domestique, dans ce rite de Bélier seule la séparation du lit conjugal est nécessaire – ce qui signifie la chasteté pour les célibataires1.

Le disciple qui se rend à la table doit prendre la place d’honneur et, avant de commencer le repas, doit se laver ses doigts dans l’eau (assis à table) ; puis, une fois coupé le pain, il doit tracer le signe de la bénédiction aux enfants de la Lumière avec son pouce sur la table :

Après les trois premiers jours de purification, tout le reste des deux septénaires pendant lesquels durent les invocations, il ne faut éviter dans le repas que les seules viandes animales (viandes d’animaux abattus, poissons, volatiles) et l’on peut manger tout ce qui provient d’animaux vivants : lait, beurre, œufs, fromage. Donc un système de nutrition végétarien quasi-complet qui, outre que pour le rite, je conseille à tous et spécialement à ceux qui étudient et pratiquent la magie.

Le parfum classique de ♈ est le santal, mais la planète dominante étant ♂, les parfums de Mars sont parfaits2.

Ainsi expliqué le rituel de Bélier, la pratique devient plus simple pour celui qui veut l’accomplir – notamment dans les conditions incommodes où la civilisation moderne oblige les hommes et les femmes de bonne volonté.

Les signes à tracer (voir pratique de novembre) sont les suivants, à disposer de cette façon :

L’opérateur doit fumiger les lieux, ensuite dans les sites indiqués et correspondants aux points cardinaux tracer les quatre signes avec du charbon, puis le cinquième devant la place où il prie, et une fois tracé le signe

lui mettre dessus le récipient avec du feu et d’autre parfum.

Puis débout, avec la verge en direction du charbon (ou avec l’épée en direction du signe), invoquer la Force qui fait revenir le Soleil en Bélier et qui rend la vie aux créatures mortes à la lumière, et que le génie de lumière dispersé dans le chemin de l’enfer de la matière réapparaisse.

Ici je laisse le disciple libre de suivre une forme quelconque de conjuration qui lui paraisse la plus adaptée.

Que les chrétiens de n’importe quelle église et les hébreux emploient les psaumes de David. Pour les opérations de Bélier, le psaume 433, puis le 414, puis l’invocation au Saint Esprit des rituels catholiques5.

Que d’autres disciples souhaitant suivre une formule plus exclusivement imprécatoire magique conjurent les plus proches puissances spirituelles invisibles de permettre le contact avec leur génie, c’est-à-dire avec l’intelligence divine plus approprié à leur état actuel de purification6.

D’une façon ou d’une autre à ce point, avec l’extrémité de l’épée ou de la petite verge, le disciple trace le pentacle de Salomon avec une pointe à l’orient, dans l’espace entre le feu et ses pieds, ainsi que les caractères suivants7 :

Puis à voix haute appeler sept fois Michaël, l’ange grand du septénaire, et demander la lumière pour l’ascèse spirituelle rapide et l’intervention d’un messager divin.

1 La chasteté nous ne l’entendons que dans la façon la plus austère. Pureté d’intention, de paroles et d’actes.

2 Le parfum doit être allumé dans les heures de prière et dans le lieu de la prière ; cependant, ceux qui pour laboratoire n’ont pas de pièce en dehors de la maison où ils habitent avec les personnes de leur famille, se trouvent obligés d’employer deux fumigations, l’une pour la maison et l’autre pour eux-mêmes. Que les personnes qui doivent opérer le soir dans des pièces employées pour un autre usage pendant le jour et fréquentées par des personnes profanes, emploient le soufre comme purifiant des exhalations étrangères, et puis le parfum de rite dans les opérations.

Que le disciple use de la plus grande propreté dans ses vestes. Le concept de propreté dans la personne est analogique à la propreté de l’esprit, comme la chemise blanche l’est à la pureté de l’ascèse.

3 Deus, auribus nostris audivimus, etc., jusqu’au 21e verset inclus, qui se termine par les mots et si expandimus manus nostras ad deum alienum.

4 Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum etc.

5 L’Angelus prononcé par les catholique est également bon.

6 Je ne reproduis ici aucune formule imprécatoire reprise aux rituels classiques pour les opérations, puisque je ne souhaite pas circonscrire l’action intellectuelle du disciple au-delà des limites de la graphie des nos hiéroglyphes magiques. Cependant, ceux qui souhaitent avoir un concept des imprécations et conjurations magiques trouveront à la fin de ces instructions la conjuration de Michaël ☉ de l’Eptameron de Pierre d’Abano.

Conjuro et confirmo super vos, Angeli fortes Dei, et sancti in nome Adonay, Eye, Eye, Eya, qui est ille qui fuit est et erit, Eya, Abraye, et in nomine Saday, Cados, Cados, Cados, alte sedentis super Cherubin et per nomen magnum ipsius Dei fortis et potentis super omnes cielos Eye, Saraye, plasmatoris saeculorum qui creavit mundum, coelum, terram, marem, et omnia quae in eis sunt in primo Die et sigillavit eo sancto nomine suo Phaa: et per nomina saeculorum angelorum qui dominantur in quarto exercitu et serviunt coram potentissimo Salamia, angelo Magno et Honorato: et per nomen stellae quae est Sol et per signum et per immensum nomen Dei vivi, et per nomina omnia praedicta, conjuro te Michael, angele magne, qui es praepositus diei Dominicae et per nomen Adonay, Dei Israel, qui creavit mundum, et quid in eo est, quod pro me labores et adimpleas omnem meam petitionem; juxta meum velle et votum meum etc. etc.

7 Tracer les signes de droite à gauche.

Commentaires au rite

Avec celui-ci, que je donne aujourd’hui comme rite à accomplir du 21 mars jusqu’au 27 mars et puis du 11 avril jusqu’au 18 [Kremmerz donnait les dates pour 1899 : en 2011 on opère du 4 au 17 avril], je ne donne aucun rite ultérieur, ni des continuations, ni des éclaircissements. Pour rendre accessible l’occultisme, je ne peux pas le réduire à des pratiques religieuses. Avec es deux rites donnés (Sagittaire et Bélier), réduits à une pratique si simple, je pense avoir fait publiquement le maximum qu’un adepte de magie puisse faire ; sinon, je serais obligé de remplacer la religion par une nouvelle religion, alors que la Magie est pour l’aristocratie du cœur et de l’esprit, et que la religion est pour tous ceux qui prient.

Celui qui fait consciencieusement ce qui est prescrit dans les deux rituels, plus spécifiquement dans ce second, en exaltant sa mentalité dans la pureté maximale d’un idéal divin, trouvera la voie pour pénétrer hors de cette zone enivrante où les hommes sont immergés et entrera en contact avec le Maître ; que celui qui n’y arrivera pas réessaie.

Du moment que l’ascèse est commencée, il faut que le disciple soit en entente complète avec son maître visible ou invisible et qu’il le suive et qu’il lui obéisse et qu’il marche ; ainsi, il parviendra au but de pénétrer les mystères indicibles que les arches et les religions cachent jalousement dans les symbolismes polymorphes, qui ont la puissance des miracles.

Se mettre à rire devant l’hostie consacrée quand le prêtre élève celle-ci n’est ni peu de respect pour les opinions d’autrui, ni une simple question de bonne éducation : c’est surtout une bestialité, car celui qui n’ignore pas ce que le prêtre veut faire avec cet acte comprend clairement que le fait d’en rire est une ânerie des sages sots.

De même pour ce rite de magie ouvrante : ce qu’il recèle, je ne le dirai pas ; en conquérir la valeur ou en avoir l’intuition, c’est l’œuvre du disciple qui commence.

Les heures à préférer sont celles qui précèdent l’aube, vers quatre heures du matin ou peu après. Que l’on étudie bien la situation des ciels : à cette heure-là ☿ est absent, ainsi ♀ et ♂ ; ♃ a passé le méridien et le seul ♄ s’approche et est faible ; le ☉ fulgurant revient.

— À quels phénomènes faut-il s’attendre ?

— S’il vous plaît, qu’attendez-vous à cette heure où toute la cohorte planétaire est passée et où le ♄ néfaste est en opposition, neutralisé par l’heure du triomphe de Bélier ♈ ?

Vous vous attendez à l’avènement du ☉ : avènement matériel face au jour où vous opérez, avènement psychique relativement à l’opération de magie.

Je suis sûr que les gens grossiers auraient un désir majeur de phénomènes matériels que de phénomènes de lumière psychique, mais la Magie savante considère justement que les phénomènes matériels ne sont qu’une partie très petite de la phénoménologie mentale et préfère celle-ci à ceux-là.

[…]

La Magie avec ses opérations et moi, avec mon rituel initiatique, nous n’attendons qu’un seul phénomène, un grand phénomène… que le Soleil apparaisse, qu’à l’orient de la psyché endormie du disciple se montre le grand dieu de la lumière mentale et que le jour soit fait dans l’esprit de celui qui invoque celle-ci.

Parlé-je symboliquement ?

[…]

Le Soleil ! Qu’est-ce qu’est ce Soleil que la Magie attend ? Est-ce le raisonnement selon les règles des philosophes à la mode ? Est-ce le libre examen dont toutes les républicains de la science expérimentale font ostentation ?

Non. Ce Soleil n’est pas définissable à priori pour un homme qui ne l’a jamais vu. Si je définissais de cent façons la Raison qui guide l’adepte, on la confondrait avec le critère philosophique qui guide l’expérimentateur en physique, et mon lecteur ne me pourrait comprendre. Ce soleil est le Messie que les Hébreux attendent et le même Messie que l’Église veut résumé en ciel dans la Pâque de Bélier. Moi j’en parle, les anciens initiés n’en voulaient même pas entendre parler si clairement, car les idées saintes sont comme les femmes, si on en parle longuement, on les gâche et on les prostitue.

[…]

Vous devez demander et vous attendre à un seul phénomène dans notre doctrine, la réintégration de votre Ego intelligent, que votre esprit s’éclaircisse ou qu’il trouve la Lumière et, dans la Lumière, le Maître.

Cela dit, je souhaite épuiser le sujet avec quelques préceptes qui aideront le disciple de magie pratique, jusqu’à ce qu’il ne pénètre pas les secrets des analogies astronomiques, et afin que par la suite l’on ne m’écrive pas des lettres pour répondre auxquelles il faudrait imprimer tout un traité de sciences occultes.

Le disciple de Magie doit se considérer sur terre comme un atome de l’Unité-Univers et un avec cette unité : Morgante et Margutte, le petit infinitésimal, l’infini que personne n’embrasse.

Partant de ce concept unitaire, celui qui opère doit se rappeler, pour toutes les théories expliquées dans le Monde Secret, que son mouvement doit avoir son action sur tout ce qui reste de ce corps sans limites (Univers) – donc il peut attirer et repousser, aspirer et respirer, retenir et lancer le quid créateur qui anime les mondes ainsi que le pouce de la main peut toucher toutes les autres doigts.

Celui qui peut se rendre apte à autant est le possesseur de toutes les clés des miracles physiques et intellectuels.

Comment se mettre sur le droit chemin pour obtenir les clés désirées, la magie vous donne les rites pour vous illuminer.

Avec les rites donnés par moi, je vous dis : accomplissez, tentez et espérez. Quand vous aurez fait tout exactement, scrupuleusement, tacitement, et que vous n’aurez pas réussi à avoir la lumière complète et à pénétrer dans la zone des pures au-delà du courant des âmes, ne dites pas : j’ai fait et pratiqué en vain, car si vous avez fait fidèlement, et en temps utile, la main amie que vous avez invoquée commencera, latente, sans que vous vous en aperceviez, à dissiper vos ténèbres et, invisible, insensible, le travail de réintégration de la Lumière Béatrice ne sera pas interrompu, jusqu’au jour du triomphe complet de l’Intellect de Vérité en vous. Un année solaire, de mars à mars, marque le tour complet dans les apparences cycliques de la nature.

Tout revient et tout finit ; la loi fatale de l’éternité dans l’écliptique solaire est une peinture due à l’auteur de l’univers.

En novembre ♐ et en ♈ (mars-avril) recommencez ; si je suis sur terre ou hors terre, quand vous serez prêts, vous me retrouverez toujours et nous parlerons le langage des idées et des vérités incommunicables avec la parole humaine.

Avec cela j’ai terminé : pour les initiés à la pratique magique j’ai trop dit ; pour ceux qui veulent tout apprendre et discuter à force de bavardages, j’ai dit peu.

Je crois avoir dit ce qui suffit, c’est-à-dire ce qui est strictement utile et nécessaire aux hommes de bonne volonté pour parvenir.

Que l’on remarque que le cinquième signe des cinq de l’opération qui commence le 21 mars est le signe d’un animal du zodiaque et une croix ; l’animal pourrait ne pas se trouver dans le ciel et la croix, être la quatrième couleur des tarots, et il se peut que là où le feu brûle l’encens et les feuilles de myrte, l’holocauste de la matière vivante puisse être deviné et accompli, et un grand secret révélé.

Ave, mon disciple, je te salue, rappelle-toi le clama ne cesses d’Isaïe. Le temps est propice.

[Il Mondo Secreto 2, 1899, 108-119]

Les aphorismes magiques d’Iriz-ben-Assir

février 23rd, 2011 § Laisser un commentaire

Maintenant, à ce point, je crois utile que le disciple, après tant de théories, commence à essayer, s’il en a envie, et que, pour réduire à une règle sa vie de profane aveugle au monde de la lumière et de la force, il mette en œuvre les douze aphorismes magiques d’Iriz-ben-Assir, un très grand prêtre de la période de Bérose. Ces aphorismes de première magie n’ont jamais été publiés en Occident et font partie des cahiers initiatiques du Grand Orient Égyptien, aux néophytes duquel ordre on donne les douze aphorismes sans commentaires et on conseille de les apprendre littéralement par cœur. En exposant ces douze aphorismes, que je traduis de l’original syriaque sacerdotal – c’est-à-dire des idéogrammes de la période où ils ont été légués à la postérité par le collège des prêtres orientaux –, je les adapte à l’intelligence des modernes et je les ferai suivre de commentaires clairs jusqu’où je peux. En étudiant et pratiquant les lois de ces aphorismes magiques, condensation de la pratique de l’alumnat au sacerdoce, le disciple qui m’aura lu jusqu’ici peut commencer son éducation individuelle.

1er aphorisme

Un est le monde, un est l’homme et un est l’œuf. Le monde, l’homme et l’œuf font trois. Dans chaque un tu vois le trois, dans le monde, dans l’homme et dans l’œuf tu trouves trois fois trois.

Si tu veux apprendre le secret de l’œuf remonte à trois ;

Si tu veux comprendre le mystère de l’homme remonte à six ;

Si tu veux avoir l’intuition du grand arcane du monde monte à neuf.

Tu aspires et respire trois fois pour connaître le secret de l’œuf.

Six fois pour le mystère de l’homme ; neuf fois pour l’arcane du monde.

Ainsi Éa (Jéova) créa d’abord le monde, puis l’homme et ensuite l’œuf, et donna à celui-ci le secret de l’homme et du monde.

Par conséquent, mon cher fils, le premier aphorisme des choses sacrées et cachées est dans le nombre 369. Sans lumière, sans bruit, sans pensée de sorte qui ne soit l’aspiration à Éa, enterre-toi vivant avec tes oreilles bouchées avec de la cire d’abeilles et de la laine d’agneau dans une cavité où la lumière du monde n’entre pas et là-bas respires et aspires 3 6 9, jusqu’à ce que tu vois le Monde dans l’Œuf d’Éa.

2e aphorisme

À la création du monde, Éa contempla deux choses, le blanc et le noir, le chaud et le froid, et son souffle devint froid et chaud, et il donna le souffle chaud à l’homme et le froid à la femme, que le premier devait allumer et réchauffer, et que la seconde prendre et conserver : ainsi toi, mon cher fils, dès que tu as vu le Monde d’Éa, apprends ce qu’est la Vie et comment la vie s’insuffle du monde d’Éa sur le monde de l’œuf, et tu découvriras que la Vie des choses masculines n’est pas celle des choses féminines, et qu’Éa a soufflé deux fois seulement dans les choses de double nature.

Par conséquent le deuxième aphorisme que tu dois rappeler est qu’il n’est pas possible de faire œuvre divine sans connaissance de la vie-nature dans l’œuf, dans l’homme et dans le monde d’Éa.

3e aphorisme

Quand tu as appris à aspirer et à respirer, à connaître la vie-nature des mâles et des femelles dans le choses du monde d’Éa, tu dois apprendre à insuffler comme le fit Éa dans le monde sur l’œuf des choses qui ne sont pas encore créées. Alors retourne dans ton sépulcre vivant, bouche-toi à nouveau les oreilles et au lieu d’aspirer et de respirer tu dois insuffler 3 6 9 fois sur les choses que tu sens et que tu ne vois pas. Soufflant, tu gonfles les joues, mais ne gonfle pas le ventre, autrement le souffle revient d’où il est parti et tu mourras. Mon cher fils, si tu pratiques cette règle, tu trouveras comment, en soufflant dans le ciel, tu y allumes le feu (pir).

4e aphorisme

Si tu as appris à connaître le monde d’Éa, la vie du double souffle et comment allumer en soufflant (in sufflando) le feu dans le ciel, tu t’en iras sur la plus haute montagne de ton pays, tu t’assiéras sur la terre nue en plaçant un arbre fructifère à droite et une semence à gauche.

En soufflant sur l’arbre, l’arbre sèchera comme s’il était frappé par le vent de Schèn (du désert) et en insufflant sur la semence, tu referas l’arbre. Alors tu verras surgir de la terre un serpent à deux têtes qui te dira de ses deux voix* : 1. Je suis la semence. 2. Je suis l’arbre. Alors tu comprendras que comme les deux têtes ont un seul tronc, la semence et l’arbre ne sont qu’un ; puis tu feras sécher l’arbre nouveau et la semence nouvelle et tu demanderas à ce qu’Éa t’apprenne. Allume le feu avec ton souffle et Éa te parlera au milieu des flammes.

* Cela veut dire avec la voix de chacune des deux têtes.

5e aphorisme

Dès qu’Éa t’aura parlé, son esprit, le géant Egs (Ariel) commencera à déterminer des vents autour de toi. Ces vents sont la source de ta puissance, de ta force et de ta lumière, mais garde-toi de t’abandonner, confiant, à ceux-ci, puisque Éa et son esprit Egs sont plus forts que toi et que tu mourrais, élevé vivant là où l’homme ne peut pas vivre.

6e aphorisme

Fabrique-toi un bateau* avec une voile que le vent d’Egs ne peut pas rompre, et dès que tu verras le vent gonfler les eaux et les eaux monter au ciel, entre dans le bateau et dis à Éa : porte-moi là où l’eau n’arrive pas. Alors la voile sera gonflée par les sept esprits d’Egs** :

Fou – pousse

Xi – redresse         – voit

Mne – soutient     – sent et parle

Ag – conduit

Mor – retient

Au quarantième jour tu sentiras que le bateau touche la terre.

dira : l’eau descend.

verra la cime d’un mont triangulaire.

Alors pour connaître la vérité, change-toi en oiseau noir et vole, et tu trouveras les cadavres et les charognes qui t’enchaîneront. Retourne en esprit à ton bateau et change-toi en colombe et remercie Éa. Alors Egs continue de tourner et tu feras gonfler et descendre les eaux comme tu le veux, et tu connaîtra le deuxième esprit, Ise.

* L’Arche, nous voici au déluge.

** Dans l’idéogramme, l’esprit est représenté par une colombe, d’où le Saint Esprit ou Colombe de l’Église Catholique.

[Il Mondo Secreto 2, 1899, 256-258 et 293-294]

3. Intelligences, forces et créations ☿ – 3. Force unique et mens humaine

février 9th, 2011 § Laisser un commentaire

En d’autres termes, si F représente la Force Unique Centrale et si F’, F’’, F’’’, F’’’’ etc. etc. les forces spécifiques de différentes manifestations, le mécanisme brute de ces évolutions et explications de la F se conserve tel quel hypothétiquement, car quand on monte de la vie des minéraux à la vie des êtres organisés d’ordre supérieur, on observe que chaque phénomène de force et de volonté est accompagné d’un autre conjoint inexplicable qui, sous la forme de raison, de libre arbitre, d’équilibre, d’idée de nombre en détermine l’explication plus ou moins prompte, d’une façon ou d’une autre.

Donc cette F ou Force Unique Centrale par elle-même n’est aveugle qu’hypothétiquement, mais dans la pratique on observe en revanche qu’elle est constamment réglée par une loi (qui est expression de sa raison) qui en détermine les fonctions. Une fois cette Force F parvenue au degré de l’homme raisonnable et évolué, la psyché, volonté, raison ou libre arbitre de cet homme peut la modifier ou, mieux, peut la provoquer pour le bien ou pour le mal, l’adapter dans certaines proportions à son besoin de vie, la dévier au détriment de son semblable, ou l’augmenter. Mais dans les phénomènes de manifestation de cette F dans l’ordre général, constant ou évolutif de la nature, puisque l’esprit d’un homme ou de plusieurs hommes ne peut pas régler celle-ci, il est nécessaire de supposer soit que cette Force Unique F est capable de s’organiser par elle-même et de penser, soit qu’il existe une Mens à la nième puissance de la mens humaine. L’échelle intuitive gonfle la mens de la créature jusqu’à la faire devenir mens créatrice, et là où on lit que Dieu créa l’homme, c’est le Dieu que l’homme s’est créé à l’image et à la progression de sa mens pour s’expliquer toutes les choses qui sont en dehors de l’orbite de sa puissance.

[…]

Mais faisons un raisonnement élémentaire : la création que nous nous faisons du Dieu est une façon de déterminer l’horizon de notre mens à un degré beaucoup supérieur à toute puissance humaine ; toutefois, quand la création d’une Mens souveraine a été accomplie en nous, alors nous devenons nous-mêmes le dernier degré de la perfection visible.

Mais procédons plus en avant.

Des minéraux on passe aux végétaux, de ceux-ci aux animaux, de ceux-ci à l’homme… mais de l’homme à la Mens Unique il en faut, d’où l’origine de toutes les théologies.

Si la Force F était brute, l’univers n’aurait ni d’ordre ni de raison dans l’explication constante de tous les phénomènes naturels.

Si la Force F était raisonnable en soi, alors elle ne pourrait être soumise à l’homme et à la mens de celui-ci, même pas par sa portion la plus médiocre.

En séparant alors

F (Force Unique ou Mouvement)

de

M (Mens Régulatrice Universelle)

l’on a que

D (Conception de Dieu) = M + F

Alors, comme M dénote l’impulsion régulatrice, F doit être la résistance ; donc

M + F (F’, F’’, F’’’, F’’’’ etc.) = réalisation, c’est-à-dire

tout phénomène, de n’importe quelle nature et espèce, en haut comme en bas, dans la matière comme dans l’esprit, dans le visible comme dans l’invisible, dans le sensible comme dans le suprasensible, est produit par une impulsion régulatrice (M) et par la Force Unique ou Vie de l’Univers.

Dans les phénomènes surhumains M représente la Mens Universelle ; dans les phénomènes de production humaine, M représente la mens de l’homme.

[Il Mondo Secreto 1, 1898, 319-321]

3. Intelligences, forces et créations ☿ – 2. Les forces occultes

janvier 22nd, 2011 § Laisser un commentaire

Maintenant nous voici en face du problème : une fois le physique du disciple préparé pour le rendre sensible à toute sensation qui passe inaperçue devant les autres hommes, celui-ci que voit-il dans le monde invisible ?

Tout d’abord, existe-t-il vraiment un autre monde ou ne s’agit-il pas d’une invention d’un esprit malade ?

La magie naturelle enseigne – et l’expérience quotidienne nous montre – que, outre les forces étudiées par la physique et appliquées par la mécanique profane, il existe des forces dont la physique et la mécanique profane ne se sont pas encore emparées, et avec un langage conventionnel ces forces sont appelées hyperphysiques, c’est-à-dire au-dessus des physiques. Il est inutile de démontrer l’erreur scientifique d’une locution qui ne supporte pas notre examen.

Phusis (φύσις) est nature. Toutes les forces sont comprises dans la nature, indépendamment du principe intellectuel qui les anime. Le son, la chaleur, l’électricité, la lumière, que la physique connue étudie de façon très imparfaite – car elle se limite à en étudier les lois dans leurs effets expérimentaux, alors qu’en les réduisant à l’Unité du Mouvement elle devrait en étudier la loi de création – sont des modifications ou des façons d’être des forces que notre organisme animal dégage.

La machine animale répand sensiblement son, chaleur, magnétisme et électricité ; insensiblement, la lumière.

Maintenant, si dans l’organisme humain l’on réduit ces forces exclusivement physiques au mouvement du sang et au principe moteur intelligent, on a le mystère de la vitalité ou vie-mouvement qui est synchrone avec les mouvement tiré de l’unité des forces mécaniques dans la nature visible.

La vie animale (ou, mieux, la pulsion vitale animale) commence, transmise par le père dans l’extase qui dure le temps d’un éclair, dans un ovule qui est fécondé, et se termine quand la dernière larme coule sur la joue du défunt, mais personne n’interdit de croire que le mouvement transmis par l’acte génératif continue, même après la mort du corps matériellement sensible à tous, dans un troisième corps fluidique qui en est le successeur. Ce mouvement (mouvement-unité), avec toutes ses manifestations différentes, différemment qualifiées de forces psychiques, magnétiques, hypnotiques, nerveuses, etc., ne sont pas au-dessus de la nature, mais dans la nature physique, donc ne sont pas hyperphysiques mais physiques – simplement, on peut les appeler occultes car leur action n’est pas sensible à tous les êtres organisés indistinctement.

Mais pour être scientifiquement sévère, il ne faudrait pas non plus employer le mot occulte : car toutes les forces qui ne sont pas encore étudiées par la science expérimentale sont occultes non dans leurs effets, mais seulement dans leurs lois de production, tout comme l’électricité a été occulte jusqu’à ce que Volta découvre la pile électrique.

Maintenant, toutes les forces qui sont dans la nature sont mesurées, étudiées et révélées par les effets sensibles, et, au vu des effets de l’électricité, de la chaleur, de la lumière, il serait évident de nier qu’il existe un monde de forces brutes que l’intelligence humaine peut asservir et plier à sa volonté. Ainsi, une fois observés tous les phénomènes de chaleur, lumière, magnétisme, son qui se produisent dans ce petit monde (microcosme) qu’est l’individu-homme, on a en résumé le monde des forces humaines vitales.

[Il Mondo Secreto 1, 1898, 232-233]

3. Intelligences, forces et créations ☿ – 1. L’état d’esprit

janvier 18th, 2011 § Laisser un commentaire

Nous avons étudié le Maître Parfait (n° 1 – ☉), nous avons annoncé les principales conditions du disciple, propices à son développement (n° 2 – ☽) : nous voici maintenant à étudier élémentairement le problème de l’extra-humain, de l’ultra-humain et de l’humain-occulte.

Que le lecteur se rappelle bien ce à quoi j’ai fait allusion sans le développer sur le monde invisible dans la Préparation au présent examen, mais qu’il procède par degrés.

L’éducation spirituelle du disciple a deux buts :

1)    améliorer les conditions physico-psychiques de l’aspirant afin qu’il s’approche d’une perfection organique idéale ;

2)     le rendre sensible à tout influx d’irradiations physiques externes ou intelligentes externes.

Selon la constitution que le disciple a obtenue de la nature, les résultats seront maximaux ou minimaux, mais ils ne peuvent ni ne pourront jamais être totalement nuls. Car, à mesure que dans un homme l’état de purification augmente, celui-ci anticipe sa vie d’esprit ; sauf que, au lieu d’être quelqu’un qui serait complètement né dans le monde invisible, il participe de la vie humaine et de la vie ultra-humaine.

Voici un premier point, essentiel, sur lequel le disciple doit arrêter son attention.

La loi de l’évolution progressive gouverne toutes les choses créées ou créables. Si la mort d’un homme représente sa naissance à la vie seconde, tout comme la mort de l’enveloppe utérine annonce la naissance d’un homme à la vie de la terre, cela signifie clairement que, par rapport à un esprit qui vit la vie humaine, l’esprit de celui qui a vécu sur terre est ce qu’est un homme vivant par rapport au fétus qui est dans les entrailles d’une femme.

L’œuf fécondé dans la période d’incubation de la poule couveuse représente de façon analogue ce qu’est encore l’esprit humain dans le corps matériel d’un homme. La différence radicale est en ce que le fétus dans les entrailles de la femme et le poussin dans l’œuf ne peuvent avoir, comme l’esprit humain, une communication avec le monde physique extérieur au ventre maternel et à la coquille de défense – c’est-à-dire que dans les couches de basse animalité la spiritualité qui écrase tous les obstacles physiques est embryonnaire.

L’éducation magique vise à libérer l’esprit emprisonné dans le corps humain de ses plus durs liens, de façon à ce qu’il puisse librement anticiper sa troisième existence ou seconde vie intelligente (1).

La Magie, comme enseignement, comme pratique et comme réalisation, a toujours soutenu – et beaucoup de mythes religieux l’ont perpétué à travers les ténèbres des temps reculés – que le corps humain représente le vase ou récipient du principe intelligent divin qui s’est incarné, c’est-à-dire qu’il est entré dans la matière terrestre pour sublimer des forces tournées vers une réalisation divine. Mais comme cet enseignement n’appartient pas aux éléments, mais à l’haute théurgie magique, je n’attire l’attention du chercheur que sur la couture, structure et nourriture de la psyché humaine.

Coupez un œuf de poule fécondé : vous y trouverez 1° le coagulé fécondant ; 2° le jaune ; 3° le blanc. Quand le poussin est né par un miracle alchimique de la chaleur maternelle ou artificielle, les trois éléments enfermés dans la coquille se sont transformés dans un animal que personne n’aurait soupçonné avant, et qui est, chose étrange à considérer, le germe fécondateur, le jaune et le blanc qui, ving-et-un jours avant le miracle, on ne soupçonnait pas d’être vitaux. Maintenant si la naissance de l’homme à la seconde vie doit absorber toute la matérialité terrestre, de la même façon que le poussin s’est nourri du contenu de la coquille, l’esprit humain se désincarne, c’est-à-dire qu’il est créé esprit quand il a absorbé les matières qui l’ont nourri, et bien nourri. Chez tous les hommes, en effet, le processus naturel est celui-ci : on use le corps physique (vieillesse) et on nait à la vie de l’esprit (mort). La magie naturelle vise à une réalisation grande, stupéfiante, invraisemblable dans les temps qui courent, c’est-à-dire celle de créer l’état d’esprit dans l’homme pendant que le corps de celui-ci n’est pas absorbé – comme le poussin absorbe le contenu de la coquille – corps qui en revanche sert à lui comme réceptacle de provisions matérielles (continument rénovées et jamais complètement absorbées) (2), jusqu’à quand – et à condition que – il en ait besoin pour s’en servir.

Il est facile d’entendre comment on fait tout cela et comment on l’obtient : soit entrer en contact avec un homme qui est parvenu à un tel développement et qui peut communiquer ou confirmer les même propriétés chez vous ; soit posséder par grâce la clairvoyance d’avoir l’intuition des lois de cette alchimie secrète de l’esprit humain ; soit travailler pendant de nombreuses années, de longues années, et puis arriver à force de travail et de persévérance quand on s’y attend le moins.

[…]

Par conséquent, par un régime de vie graduellement correct et qui est prescrit aux disciples, la magie annonce un état d’esprit en équilibre avec le récipient physique : d’où une parfaite santé du corps pendant que l’esprit se purifie et qu’il plane dans des régions plus élevées, et que les forces fluidiques prennent une vigueur exceptionnelle. L’infirmité du corps physique du mage représente toujours une erreur fluidique commise, tellement chez lui le développement physique est en relation étroite avec la santé physique.

(1)  La première existence est embryonnaire ou de l’embryon.

(2)   L’élixir de longue vie a ce fondement idéal : renouvellement constant de la matière du corps humain pour empêcher la stase et la désagrégation de celui-ci.

(Il Mondo Secreto 1, 1989, 227-231)

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